Avant de m’effondrer pour la nuit j’ai utilisé le peu de lucidité qu’il me restait pour regarder la chaine météo et malheureusement, après 2 magnifiques journées, la journée du lendemain s’annonçait finalement fort maussade. Mes plans de grandes randonnées étaient compromis.
Au matin de ce samedi 6 octobre, j’ai effectivement du constater qu’il pleuvait un petit peu trop fort pour me lancer dans une grande randonnée. Je n’ai rien contre un peu de pluie mais je ne me voyais pas la subir toute une journée, surtout que je ne connaissais pas du tout la difficulté du parcours que j’avais imaginé et que la pluie n’allait certainement pas simplifier les choses.
J’ai donc pris mon temps et ce n’est que vers 11h30 que je me suis mis en route alors que les éléments se calmaient un petit peu. L’envie de m’enfoncer dans la nature me tenaillait toujours mais j’allais devoir me contenter d’un des sentiers de randonnée accessibles au sommet du Mont Tremblant, plus le temps de descendre l’autre versant, je ne suis pas vraiment taillé pour me balader dans une forêt canadienne en pleine nuit. Il est bien sur possible de gravir le mont à pied, il y a plusieurs sentiers qui le permettent, mais je ne voulais pas que ma randonnée se résume à un effort intensif. Heureusement il y a un sentier de difficulté modérée au départ du sommet du mont qui permet d’atteindre d’autres points culminants, la durée annoncée était de minimum 3 heures. Comme ce sentier faisait partie de mes plans originaux, je n’ai pas hésité.
La pluie était toujours bien là mais c’était supportable et il faut bien dire que la nature prend une autre forme et d’autres couleurs sous la pluie. J’ai assez rapidement constater, à mon grand plaisir, que le sentier est assez technique, vous pourrez remarquer sur les photos qu’en fait de sentier il est plutôt question d’un escalier dément fait de roches et de racines. Je n’ai évidement par croisé grand monde, 2 ou 3 petits groupes mais c’est au bout du sentier que j’ai fait une rencontre inattendue.
(Comme d’habitude, patentiez jusqu’au chargement complet de la page pour profiter du visionneur spécial)

Le sentier se termine au sommet du pic Johannsen, rien de spécial à voir, juste une clairière avec une pierre commémorative pour les 100 ans des parcs Québécois. Alors que je me reposais un peu avant de refaire le chemin en sens inverse, j’ai remarqué un oiseau anormalement peu farouche qui s’intéressait à moi. Je me suis rapidement fait la réflexion qu’il faisait le coup à tous les touristes qui s’aventuraient jusque là et sans plus attendre j’ai émietté le dernier petit pain au chocolat qui me restait. Comme vous pouvez le constater, il n’a pas fallut 20 secondes pour qu’il vienne se servir dans ma main et il a bien fait 3 passages, ce qui m’a permit de bien le prendre en photo. Je n’en croyais pas mes yeux, je me suis demandé si ce n’était pas un animatronic ou un employé des parcs du Québec, c’était tellement surréaliste comme sympathique récompense alors que j’aurais pu caller mes fesses à l’hôtel, ou plutôt à la micro brasserie. Sans oublier le message sur la pierre commémorative : “La terre n’appartient à personne; elle se donne à tous ceux qui sont assez grands pour l’étreindre. Réjean Ducharme.“. On me l’aurait raconté, je n’y aurais presque pas cru. Certains vous diront “god reveals himself in mysterious ways“, je préfère la formule anglophone, je ne suis pas vraiment croyant mais je vais en tout cas prendre ça pour un signe quelconque.
Sur le retour je me suis surpris à accélérer le mouvement, surtout parceque le téléphérique pour redescendre à la station fermait assez tôt, et je dois dire que j’ai pris un certain pied à foncer à la limite de la course sur ce terrain accidenté, m’obligeant à anticiper plusieurs pas à l’avance. Voila donc une activité assez sportive que je vais essayer de reproduire, il faut que j’investigue ce qui se cache derrière des mots comme trekking, raid ou encore course d’orientation. Après ma soif de nature, la soif tout court et c’est à la micro brasserie que j’ai passé la fin de la journée.
Le lendemain j’ai repris mon vélo et quitté Mont Tremblant pour me diriger vers ma dernière étape, Val-David. Je n’avais franchement rien prévu à Val-David, à part trouver un débit de boisson convenable, mais j’avais des expectatives en ce qui concerne mon auberge pour cette étape. Le beau temps était de retour mais il faisait assez frais avec des différences de températures pas fort agréable. Entre ne rien faire au soleil et rouler à l’ombre, il devait bien y avoir 10 degrés de différence. Sur le chemin j’ai pu constaté que je m’éloignais de la brousse, des industries légères commençaient à faire leur apparition.
L’auberge du creux du vent fut à la hauteur de mes espérances, chambre impeccable et confortable certes mais le patron est au fourneau. Je me suis évidemment dirigé vers le menu gastronomique avec deux entrées au poisson et un plat principal de bœuf au calvados. Bon le vélo ça creuse mais c’était tellement bon et j’étais tellement content d’avoir enfin trouver une très bonne table que j’ai repris un deuxième plat principal de civet de chevreuil, non sans provoquer quelques réactions en cuisine. Si vous passez par Val-David, je recommande chaudement cette adresse.
Lundi 8 octobre, il est temps de regagner Montréal, il ne fait pas beau mais au moins il ne pleut pas. Je pense que j’ai eu ma dose et c’est à un rythme soutenu que j’ai atteind la fin du parc linéaire du ptit train du nord à Saint Jérôme d’où j’étais parti en navette 4 jours auparavant.

C’est avec un plaisir certain que j’ai donc retrouvé Montréal et mes amis John&Maité avec qui j’ai pu partager quelques moments tout particulier puisque Maïté était enceinte de 7 mois et qu’à l’heure où j’écris ces lignes le petit Noam affronte son premier hiver Québécois. J’ai l’intention de vous raconter encore deux ou trois bêtises sur le restant de mon séjour à Montréal sans oublier quelques photos, mais voila qui clôture en tout cas l’épisode de mon escapade dans les Laurentides. Je ne pense pas avoir de conclusion particulière à apporter, je suis très content de la manière dont ça s’est déroulé sachant que c’était une première pour moi de planifier tout ça, mes attentes ont été comblées, reste la facture qui fut un peu douloureuse. Quant à l’envie de remettre ça, c’est plus compliqué, on en rediscutera.